Taille des plantes : comment mesure-t-on les arbres et les arbustes ?

Un arbre de deux mètres, un arbuste en conteneur de dix litres, un sujet annoncé « 12/14 »… Quand on choisit des végétaux, les chiffres ne manquent pas. Mais ils ne racontent pas tous la même chose : certains indiquent une hauteur, d’autres la grosseur d’un tronc ou simplement le volume du pot.

Pour se représenter le végétal qui prendra place dans votre jardin, mieux vaut donc regarder au-delà d’un chiffre isolé.

Faisons le tour de ces repères, sans transformer la promenade en cours de botanique !

Le nom d’une plante : sa carte d’identité

Avant de sortir le mètre, commençons par savoir de quelle plante on parle.

Le nom courant est familier, mais le nom botanique permet une identification plus précise. Il associe généralement un genre, écrit avec une majuscule, et une épithète d’espèce, en minuscules. Dans Laurus nobilis, par exemple, Laurus désigne le genre et nobilis complète le nom de l’espèce : c’est le laurier-sauce.

Un nom de cultivar peut ensuite préciser la sélection cultivée. Il apparaît habituellement entre guillemets simples, à la suite du nom botanique. Il ne faut pas le confondre avec une indication de taille ou de conditionnement : il fait partie de l’identité de la plante.

Pour retrouver un exemple concret, notre article consacré au laurier-sauce dans les jardins bordelais présente à la fois son nom botanique et ses différentes utilisations au jardin.

La hauteur : le repère le plus facile à visualiser

Pour de nombreux arbustes et conifères, la dimension annoncée correspond à la hauteur de la végétation au moment de la vente. Elle est généralement exprimée par une fourchette en centimètres : 60/80, 100/125, 150/175… Un arbuste classé 80/100 mesure ainsi entre 80 cm et 1 m.

Cette fourchette laisse une place à la diversité naturelle des plantes : on choisit une catégorie de dimensions, pas un objet fabriqué au millimètre.

Ces écritures correspondent aux classes de hauteur couramment utilisées en pépinière.

Le pot n’est normalement pas compris dans la hauteur de la plante. 

On considère la partie végétale à partir de sa base, au niveau du collet, la zone de transition entre les racines et les parties aériennes.

Une hauteur totale comprenant le contenant doit donc être distinguée de cette mesure.

Pour les arbres, on mesure aussi le tour du tronc

Voici le chiffre qui surprend souvent : un arbre annoncé 12/14 ne mesure pas douze à quatorze mètres !

Pour les arbres tiges, cette notation désigne couramment la circonférence du tronc, mesurée à un mètre au-dessus du sol. On entoure donc le tronc avec un ruban de mesure, plutôt que de mesurer sa largeur. ( Pepinieres Bontemps )

Il s’agit d’un calibre de tronc, distinct de la hauteur totale de l’arbre.

Circonférence et diamètre ne sont pas interchangeables : la première est le tour du tronc, le second est sa largeur en passant par le centre.

Une plage de chiffres ne suffit donc jamais à elle seule. Il faut savoir quelle dimension elle accompagne : hauteur, circonférence ou largeur. C’est particulièrement important lorsque l’unité ou l’intitulé est abrégé.

Hauteur totale et hauteur de tronc : deux mesures différentes

Sur un arbre formé, on peut indiquer la hauteur du tronc dégagé avant le départ des branches. Cette mesure apparaît parfois sous la forme « hauteur de tronc », « H. tronc » ou « h.tronc ». Elle ne comprend pas la couronne qui se développe au-dessus.

C’est une distinction importante pour imaginer la silhouette : un tronc de 1,50 m surmonté d’une couronne n’est pas un arbre de 1,50 m de hauteur totale.

Les termes quart de tige, demi-tige et haute-tige décrivent des arbres dont les branches commencent à des hauteurs différentes. Mais attention : une demi-tige n’est pas « la moitié d’un arbre », et les hauteurs associées à ces appellations varient selon les productions. La hauteur de tronc explicitement annoncée reste le meilleur repère.

Tige, cépée, touffe : une même hauteur, plusieurs silhouettes

La hauteur donne une échelle. La forme raconte l’allure du végétal.

Un arbre avec un tronc dégagé et une couronne haute ne présente pas la même silhouette qu’un sujet ramifié près du sol. Une cépée, avec plusieurs troncs, se distingue encore des deux.

Ces termes décrivent la structure ou le stade de formation du végétal ; ils ne remplacent pas ses dimensions.

Pour une cépée, une indication complémentaire peut préciser le nombre de troncs. C’est une information utile en plus de la hauteur : la mention “trois troncs”, par exemple, se rencontre dans les catalogues de production.

Boules, colonnes, espaliers : quand la forme fait partie du nom

Certaines descriptions apportent une précision supplémentaire : boule, colonne, pleureur, espalier… Elles décrivent un port ou une forme obtenue par la conduite du végétal. Les arbres fruitiers en espalier, par exemple, sont formés pour se développer dans un plan, notamment le long d’un mur.

Pour les sujets taillés en boule ou les topiaires sur tige, il faut distinguer la hauteur du tronc de la dimension de la tête formée. Une indication de diamètre concerne la largeur de cette tête, et non le tour du tronc.

Les mesures de tronc et de tête doivent être lues séparément ; pour les végétaux rampants, la dimension de classement peut porter sur la largeur plutôt que sur la hauteur. (Pépinière Bontemps)

Conteneur et godet : les dimensions du contenant

Passons maintenant sous le feuillage.

Les mentions C, Cont ou conteneur, suivies d’un volume en litres, renseignent sur le contenant. Ainsi, C2 correspond à un pot de deux litres. Le volume du pot et la hauteur de la plante sont deux informations distinctes.

Ces mentions concernent le conditionnement : elles ne donnent pas, à elles seules, la hauteur du végétal. Les formats de petits pots se distinguent des volumes exprimés en litres.

Le piège serait de tout convertir en taille de plante.

Un contenant indique comment celle-ci est présentée, pas une hauteur universelle.

Motte et racines nues : toutes les plantes ne sont pas vendues en pot

Le conditionnement ne se limite pas aux conteneurs. On rencontre aussi les végétaux en motte et ceux à racines nues.

Les abréviations peuvent varier selon les catalogues : leur légende permet de confirmer le sens exact. Ces indications décrivent la présentation des racines, pas la hauteur ni la forme des parties aériennes.

Et le mot « force », que signifie-t-il ?

En pépinière, on parle parfois de force pour désigner un calibre commercial.

Dans les conventions courantes, elle peut correspondre à une classe de hauteur pour un arbuste ou à une classe de circonférence pour un arbre. Certains producteurs utilisent toutefois leur propre classement, notamment pour les fruitiers. Le mot doit donc être lu avec sa définition, et non interprété comme une mesure universelle.

Autrement dit : la force renseigne sur le classement du sujet, mais ne constitue pas à elle seule une promesse de croissance ou une indication précise d’âge.

La taille à la plantation n’est pas la taille adulte

Dernier repère, et pas des moindres : les dimensions annoncées à la vente ne sont pas celles que le végétal atteindra à maturité. La première décrit le sujet disponible ; les dimensions adultes relèvent de la fiche botanique.

Pour imaginer un jardin, les deux lectures sont complémentaires : l’une aide à visualiser le point de départ, l’autre invite à prévoir la place future.

C’est cette vision d’ensemble que nous privilégions chez Koara pour l’aménagement des jardins, terrasses et patios à Bordeaux : choisir des végétaux pour leur présence initiale, mais aussi les intégrer dans un projet cohérent.

Finalement, que faut-il regarder ?

Pas besoin de mémoriser toutes les abréviations. Le plus utile est de distinguer quatre informations :

  • Le nom : quel végétal choisit-on ?
  • La forme : quelle silhouette présente-t-il ?
  • Les dimensions : hauteur, circonférence, largeur ou hauteur de tronc ?
  • Le conditionnement : conteneur, godet, motte ou racines nues ?

Ces informations se complètent : aucune ne résume, à elle seule, tout le végétal.

Une fois ces repères en tête, les étiquettes deviennent beaucoup moins mystérieuses. Et l’on peut revenir à la question la plus agréable : quelle place donner à cette plante dans son jardin ?

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